HISTORIQUE DU VILLAGE
 
 
     L'attribution de noms de saints à des villages s'est produite dès le Xème siècle. Santa Coloma a été
     connue dès 974, le Pape Benoît VI dans son privilège en faveur de Sant Pere de Rhode mentionne
     l'église de Santa Coloma y la villa conjuncta parmi les possessions de cette abbaye, possession 
     confirmée par les privilèges du roi Lothaire et du Pape JeanXV.
 
    Au début du XI siècle, le vilar de Conjunta était aux mains de Bernat, Vicomte de Cerdagne, qui
    prétendait l’avoir en franc-alleu en même temps que la paroisse et l’église Sainte Colombe. Cette 
    possession fut l’objet, en 1018, d’un procès qui eut lieu dans l’église Saint Thomas de Llupia, sous la
    présidence du Comte de Besalu, Bernat Tallaferro et de son frère le Comte Guifré II de Cerdagne: le 
    procès se termina en faveur du vicomte Sunifred, fils du Vicomte Bernat, et contre les alleutiers et les  
    nobles des alentours qui avaient usurpé les dîmes, les prémices et les oblations.
 
    En 1049, la Villa Conjuncta est citée comme limite de Montoriol d’Amunt et de Terrats.
    Il semble qu’elle retourne au XII siècle au domaine royal car le roi Alphonse II donnait en 1180 divers
    droits sur le lieu de Conjuncta au prieuré Saint Pierre de Castelnou.
 
    A la fin du XIII siècle, Sainte Colombe était inféodée à la famille de Palauda (originaire de Palalda,
    dans le Vallespir, mais établie dans les environ de Thuir et à Terrats). Jacques II de Majorque concéda
    les justices civiles et criminelles à Bernat de Palauda, fils de Raymond. Ce dernier adresse un requête
    à Pierre le Cérémonieux en 1345 pour délimiter le territoire du château de Sainte Colombe et du
    château de Castelnou.

    Ce fut probablement de cette famille que les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem obtinrent peu
    après la seigneurie de Sainte Colombe qui devint une dépendance de l’ancienne commanderie des
    Templiers du Mas Deu, elle fut alors désignée sous le nom de Santa Coloma de la Comanda et plus
    tard des Hospitaliers.
    En 1312, les biens des Templiers confisqués en 1307 furent remis aux Chevaliers de l’Hôpital. Les
    Hospitaliers de Saint Jean, devenus au cours des siècles Chevaliers de Rodes et Chevaliers de Malte,
    conservèrent la seigneurie jusqu’à la fin de l’ancien régime
 
   L'EGLISE

     L’église de sainte Colombe est un bel édifice de pur style roman avec une seule nef couverte d’une
     voûte en berceau brisé, terminée à l’est par une abside semi-circulaire. Elle est remarquable par son
     superbe appareillage en pierre de taille parfaitement ajustées, de 1,65 mètres de largeur, d’une
     couleur dorée.
     Sa construction est sévère, sans aucune ornementation, aucune fresque, aucune pierre sculptée ou
     gravée.

     L’entrée se trouve au sud, au milieu du mur, côté épitre. L’ouverture à plein cintre a été transformée,
     dans une période moderne, du côté extérieur par un linteau horizontal.
     L’église est couverte de lauzes. On peut voir sur le toit, couronné par un chemin de ronde, un mur de 
     défense en galets de rivière percé de meurtrières.
     Le clocher mur à degrés (XVII° et XVIII° siècles) situé à l’ouest est appareillé grossièrement de
     moellons non taillés jointés au mortier. Il est composé de deux niveaux percés d’ouvertures en plein
     cintre appareillées de briques rouges. Une des ouvertures abrite une cloche.
     L’intérieur de l’église est éclairé par quatre fenêtres romanes à tympan monolithe, percées à l’est,
     à l’ouest et au sud. Elles sont évasées intérieurement et laissent un espace libre de la dimension d’une
      meurtrière.
     Une porte située au nord de la nef permet de communiquer avec la sacristie.
     L’église conserve une cuve baptismale du XII° siècle, des fonts baptismaux du XVI° siècle, un buste du
     Christ mort du XV° siècle, deux statues et une croix reliquaire du XVII° siècle.